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Sagesse et compassion : une journée avec les religieuses et religieux à Winnipeg

Le 1er avril, près de 60 religieuses et religieux, principalement des femmes des diocèses de Winnipeg et de Saint-Boniface, se sont réunis pour une journée de formation proposée par la CRC autour du thème « Sagesse et compassion dans une Église brisée : guérir le présent et façonner l’avenir ».

Cette journée a été animée par le père Timothy Scott, OSB, directeur général de la CRC, et Sabrina Di Matteo, directrice adjointe à la formation continue. Ce fut pour elle l’occasion de faire la connaissance des religieuses et religieux de Winnipeg et Saint-Boniface, mais aussi d’organiser son premier événement officiel après son entrée en poste.

Au cours de l’avant-midi, chacun d’eux a pu parler de la situation qu’a traversée l’Église dans les derniers mois alors que de nombreux cas d’abus sexuel faisaient surface et que les thèmes de la responsabilité, de la justice et de la transparence étaient au cœur du sommet du Vatican sur la protection des mineurs.

Le père Timothy Scott a souligné la lassitude des fidèles face aux circonstances surtout lorsqu’elles impliquent des personnes consacrées œuvrant en milieu pastoral. Aussi, en parlant de la compassion et de sa racine biblique, il a rappelé l’importance d’entendre, à travers ce que vit l’Église, un appel à la compassion pour toutes les personnes victimes et survivantes, que ce soit d’abus sexuel, des pensionnats, ou de tout autre sévice commis par l’Église. Cet état de compassion nous aiderait à mieux saisir la notion de Passion surtout en période de Carême et de Pâques. Plus qu’une simple souffrance, il s’agit non seulement d’un amour ardent pour la justice et la réconciliation, mais aussi d’un appel à transformer l’Église afin qu’elle soit plus conforme à son Dieu d’amour.

Sabrina Di Matteo a présenté cette situation de crise comme l’opportunité de vivre une transformation et une réforme. À titre d’exemple, elle a cité de jeunes réformateurs d’une autre époque comme Martin Luther, Thérèse d’Ávila et Catherine de Sienne, qui ont tous cherché avec sagesse et passion à retrouver l’essence de la Bonne Nouvelle sur laquelle l’Église a été fondée. Madame Di Matteo a aussi souligné l’espoir que donnent les développements en recherche sur les abus sexuels, ainsi que les thérapies pour les victimes et les abuseurs qui pourraient faire de l’Église un leader en prévention et en protection. Dans cette perspective, l’Église pourrait servir de modèle aux organismes séculiers aux prises avec des enjeux similaires.

L’après-midi a fait place à un partage sur l’expérience des congrégations locales sur les thèmes proposés par la CRC : interdépendance, témoignage prophétique, écologie intégrale et nouvelles formes de dialogue et de communion. Les religieuses et religieux ont discuté de leurs traditions, de leurs défis et leurs besoins spirituels. Un temps de prière et de chant a conclu cette journée passée en assemblée. Plusieurs religieuses et religieux ont manifesté leur appréciation pour les échanges et l’espoir qu’ils ont ressenti en se penchant sur la sagesse et la compassion présentes dans leur propre spiritualité.