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Présentation publique sur les causes de notre inaction individuelle et collective face à l’urgence climatique

Le vendredi 29 mars 2019, le service de Priorités dans les dons proposait une activité publique autour de l’urgence climatique. À cet effet, la CRC a fait appel à Madame Anne-Sophie Gousse-Lessard, Ph. D, professeure associée à l’Institut des sciences de l’environnement de l’UQÀM. Une quarantaine de personnes a pris part à cette présentation publique intitulée « Regard psychologique sur les causes de notre inaction individuelle et collective face à l’urgence climatique » dont voici un résumé.

Des effets déjà perceptibles

Les scientifiques s’accordent pour dire que nous subissons déjà les conséquences des changements climatiques, les activités humaines ayant provoqué jusqu’ici un réchauffement des températures globales de surface d’environ 1 degré Celsius par rapport à l’ère préindustrielle. Ces conséquences sont nombreuses tant pour les écosystèmes que pour nos sociétés. D’après le rapport du GIEC, afin de limiter ces impacts négatifs, il faudrait limiter le réchauffement global à 1,5 degré Celsius au-dessus des niveaux préindustriels, ce qui représente une tâche colossale.

Les bonnes intentions ne suffisent pas

Force est de constater que les changements radicaux que demande cette nécessaire transition écologique sont difficiles à mettre en œuvre. Il y a certes des barrières structurelles tel le manque d’infrastructures ou de politiques adéquates, mais celles-ci ne peuvent expliquer à elles seules l’inaction individuelle et collective que nous pouvons constater.

Issue des recherches en psychologie de l’environnement, Robert Gifford a formulé une typologie des barrières psychologiques à l’action environnementale. Il regroupe ainsi 7 grandes familles de barrières, 7 dragons de l’inaction : la limite de nos cognitions et de nos connaissances, nos idéologies, les influences sociales, l’importance que nous accordons à la nature, nos perceptions de risque face aux changements à effectuer et aux nouvelles technologies ainsi que la portée limitée de nos comportements actuels.

Il est essentiel de mieux connaître et reconnaître ces barrières afin de les contourner et de susciter un changement drastique de notre mode de vie.

Un changement qui prend du temps

Les changements comportementaux ne se font pas du jour au lendemain. Selon différents modèles théoriques issus de la recherche en psychologie, nous devons passer par diverses étapes afin de réussir à changer nos habitudes de vie. Nous devons d’abord reconnaître l’existence de la problématique et l’importance de celle-ci dans notre vie. Seulement ensuite pourrons nous réfléchir aux solutions à appliquer dans notre quotidien. La mise en œuvre de ces solutions semble être l’étape la plus difficile, le passage à l’action demandant des capacités de planification et un fort sentiment de compétence. Il importe donc d’outiller les gens en leur offrant des solutions concrètes, diversifiées et à leur portée afin de les guider graduellement vers le changement escompter. Enfin, le défi ultime est de maintenir nos bonnes habitudes malgré les rechutes (normes) et les obstacles.

Un changement, mais vers quoi ?

Nous mettons malheureusement énormément l’accent sur les petits gestes individuels à faire à la maison : recyclage, compostage, éviter les emballages plastique, etc. Ces petits sont nécessaires, mais pas suffisants pour faire face à l’urgence climatique. En plus de sur-responsabiliser les individus en omettant de parler de l’imputabilité des dirigeants et du système économique en place, ce discours occulte également le pouvoir que détient un individu dans la sphère publique. La transition ne peut que passer par une écocitoyenneté critique, responsable et engagée. S’ouvrir aux autres, entrer en relation avec autrui, discuter, s’impliquer à l’échelle de nos milieux, voter, sensibiliser, écrire aux décideurs, s’informer, voilà ce qu’il ne faut pas oublier lorsque l’on pense à agir pour le climat.

LIEN VERS LA PRÉSENTATION