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18 janvier 2017

Journée Mondiale de Prière et de Réflexion Contre la Traite des personnes

Ce sont des enfants! Non pas des esclaves!

Tel est le thème de la 3ème édition de la Journée Internationale de Prière et de Réflexion contre la Traite des Personnes (JMPT) qui met en évidence la douleur et l’espoir des enfants, des fillettes et des adolescents victimes de la traite.

 

L’événement est célébré chaque 8 février, le jour de la fête liturgique de Sainte Joséphine Bakhita, qui a été enlevée et asservie alors qu’elle avait environ neuf ans. La préparation et la promotion de cette journée est coordonnée par Talitha Kum, le réseau mondial de la vie consacrée engagé à lutter contre la traite des personnes (UISGUSG), en collaboration avec :

  • le Dicastère pour la Vie Consacrée;
  • le Conseil Pontifical Justice et Paix;
  • le Conseil Pontifical pour les Migrants et les peuples Itinérants;
  • l’Académie des Sciences du Vatican, la Caritas Internationalis (CI);
  • l’Union internationale des Associations Féminines Catholiques (WUCWO);
  • le groupe de travail contre la traite de la Commission justice et paix de l’UISG/USG (ATWG).

Selon les dernières statistiques des Nations Unies, un tiers des victimes de la traite sont des enfants. Le nombre de personnes victimes de la traite qui ont moins de 18 ans est constamment en augmentation dans le monde entier. Les enfants et les adolescents sont victimes de la traite aux fins d’exploitation sexuelle, de la servitude domestique, du mariage forcé, de l’adoption illégale, du travail forcé, du prélèvement d’organes, de la mendicité, des actes criminels (comme dans le cas des enfants soldats et du transport de la drogue) et de la sorcellerie. Il est urgent d’écouter les cris des enfants, de tous, de chaque famille et de chaque communauté, qui souffre la violence de l’exploitation et de l’esclavage, qui sont blessés et humiliés.

Dans le monde il y a 168 millions d’enfants qui travaillent. Plus de la moitié, 85 millions, sont employés à des travaux dangereux (OIT). 20 millions d’enfants sont employés dans des industries de confection d’habits, de tapis, de jouets, d’allumettes et de cigarettes. L’agriculture demeure le secteur qui emploie le plus les enfants (98 millions, ce qui correspond à 59 %), le problème n’est pas à négliger, même dans les services (54 millions) et l’industrie (12 millions), la plupart sans contrat de travail. Beaucoup d’enfants travaillent dans les entreprises qui produisent le cacao, le café, le coton, le caoutchouc naturel et d’autres cultures (OIT). L’Asie et le Pacifique ont le plus grand nombre d’environ 78 millions, soit 9,3 % des enfants qui travaillent. C’est l’Afrique sub-saharienne qui a la plus forte incidence des enfants travailleurs avec environ 59 millions, soit 21 % du total (OIT). Il y a 13 millions d’enfants travailleurs en Amérique latine et dans les Caraïbes. Au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ils sont 9,2 millions (OIT). Chaque année, 22 000 enfants meurent dans des accidents de travail. 9 % dans l’industrie, y compris dans les minières et dans les caves extractives, dans l’industrie manufacturière et dans la construction (OIT). Le nombre d’enfants impliqués dans des conflits armés a augmenté d’environ 300 mille unités au cours des dix dernières années. L’âge moyen des enfants soldats est de 14 ans. 40 % des enfants soldats sont des filles (OIT). Dans le monde, il y a 2 millions d’enfants exploités dans la prostitution sur le marché mondial de l’industrie du sexe (UNICEF). Chaque année, d’autres millions d’enfants à travers le monde sont pareillement exploités sexuellement, à travers la prostitution ou la pornographie, la plupart trompés et contraints par force dans cette situation avec de fausses promesses et peu d’informations sur les risques (UNICEF). Environ 1 fille de moins de 20 ans sur 10, à un moment donné dans sa vie, a été contrainte à avoir des rapports sexuels ou d’autres actes sexuels contre sa volonté.

Veillée de prière
pour l’édition 2017
Prière proposée
par
les SNJM

Pour plus d’informations et d’outils visitez http://preghieracontrotratta.org/

Sainte Joséphine Bakhita

Née vers 1869 à Olgossa dans le Darfour au Soudan
Elle est décédée le 8 février 1947, Italie
Année de la béatification 1992 (17 Mai)
Année de la Canonisation 2000 (1er Octobre)
Célébrée le 8 Février

Sainte Joséphine Bakhita, mieux connu comme « Maman Moretta » a porté tout au long de sa vie 144 cicatrices, qui lui avaient été fait après qu’elle a été enlevée et asservie, quand elle avait environ neuf ans.

L’expérience traumatique fut telle qu’elle a oublié son nom de naissance et ses ravisseurs, lui ont donné le nom de Bakhita, qui signifie ‘Chanceuse’. Flagellations et maltraitance faisaient partie de sa vie quotidienne. Avec l’esclavage elle a connu l’humiliation physique et morale. Ce fut seulement en 1882 que sa souffrance a été allégée, après qu’elle ait été achetée par le Consul Italien. Cet événement a transformé sa vie. Dans cette famille, puis dans une deuxième maison italienne, elle a reçu de ses patrons, la bonté, le respect, la paix et la joie. Joséphine a finalement découvert l’amour d’une manière profonde, malgré qu’au début elle n’était pas en mesure de dire quelle était la source.

Un changement dans la situation de ses maîtres, a permis qu’elle fût confiée aux Sœurs Canossiennes de l’Institut des catéchumènes à Venise. Ce fut là que Bakhita a pu connaître Dieu qu’elle avait expérimenté dans son cœur depuis son enfance sans savoir qui il était. Elle a  été accueillie dans l’Église catholique en 1890, a rejoint les sœurs et a fait sa profession perpétuelle en 1896. Les 50 suivantes années de sa vie, elle les a vécues en témoignant de l’amour de Dieu à travers le service de cuisine, la couture, de broderie et de concierge. Quand elle était à l’accueil, elle mettait la main sur la tête des enfants qui fréquentaient l’école à coté et les caressait. Sa voix était agréable aux enfants, consolante pour les pauvres et les souffrants. Elle était une source d’encouragement. Son sourire constant a gagné le cœur des personnes, de même que son et simplicité. Avec la vieillesse elle a vécu de longues et douloureuses années de la maladie, mais elle a gardé la persévérance dans l’espérance, choisissant toujours ce qui est bon. Quand on venait lui rendre visite et lui demandait comment elle allait comment, elle répondait «comme veut el Paron». Au cours des derniers jours de sa vie elle a revécu le moment douloureux de son esclavage et plus d’une fois elle a supplié: « S’il vous plaît, desserrez- moi les chaînes, elles sont lourdes! Entourée par ses sœurs, elle est morte le 8 Février 1947.

À propos de la journée

La première édition de la JMPT a été célébrée le 8 Février 2015. Elle a été voulue par le Pape François, qui, en 2014, a chargé l’Union Internationale des Supérieures Générales et l’Union des Supérieurs Généraux (UISGUSG) de promouvoir cette journée. La lettre du Secrétariat d’État est une réponse aux sollicitations faites par les religieuses engagées depuis plusieurs années dans la lutte contre la traite : ces religieuses ont prêté la voix aux organisations qui, depuis des années célébraient déjà la Journée de lutte contre la traite en cette date.

Dans les éditions 2015 et 2016, le matériel préparé en différentes langues a été diffusé sur le site Web créé spécialement pour la première édition.

En 2015, tout le monde a été invité à participer à la JMPT et, en insérant le propre nom ainsi que le pays  d’origine dans les cases appropriées, chaque participant allumait une bougie contre la traite dans son pays, contribuant ainsi à rendre visible sur la carte du monde combien de personnes avaient participé à la journée. Dans le monde entier, 2312 bougies ont été allumées  en 154 pays. La première JMPT a été présentée le 3 Février à la presse internationale par le biais d’une conférence de presse. Les actions à Rome ont été: une veillée de prière, une messe et la participation avec des banderoles à la prière de l’Angelus sur la Place Saint-Pierre au cours de laquelle le Pape François a rappelé l’événement, à travers ces mots:

« Chers frères et sœurs, aujourd’hui, 8 février, mémoire liturgique de Sainte Joséphine Bakhita, la sœur soudanaise qui, enfant, vécut l’expérience dramatique d’être victime de la traite, les  unions
Des supérieures et des supérieurs généraux des instituts religieux ont promu la Journée de prière et de réflexion contre la traite des personnes. J’encourage tous ceux qui sont engagés à aider les hommes, les femmes et les enfants victimes de l’esclavage, de l’exploitation, d’abus, considérés comme des instruments de travail ou de plaisir et souvent torturés et mutilés. Je souhaite que ceux qui ont des responsabilités gouvernementales mettent tout en œuvre de façon résolue pour éradiquer les causes de cette plaie honteuse, une plaie indigne d’une société civile. Que chacun de nous se sente concerné pour être la voix de nos frères et sœurs, humiliés dans leur dignité. »
(Pape François, Angelus Domini 8 Fèvrier 2015)

La JMPT 2016 a relancé une modalité similaire à la précédente, en favorisant l’action locale.