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Documents de l’Assemblée générale 2016

Cette nouvelle est liée à l'activité Assemblée générale 2016

Le compte à rebours est maintenant terminé pour la 31e Assemblée générale de la Conférence religieuse canadienne qui s’est tenue du 26 au 29 mai 2016 à l’hôtel Sheraton Montréal Airport.

Le thème de cette rencontre, La mission des leaders des congrégations religieuses : discerner l’espérance au cœur des défis, a été développé par Simon Pierre Arnold, OSB, qui a partagé ses réflexions et animé une série d’échanges avec les participantes et les participants sur le sujet. Originaire de Belgique et moine bénédictin, le père Arnold vit depuis 40 ans au Pérou dans un monastère qu’il a fondé. Il est l’auteur de plusieurs livres publiés en espagnol dont certains ont été traduits en français.

Ce rassemblement, qui se tient tous les deux ans, est l’occasion pour les responsables des congrégations religieuses, membres de la CRC, de se rencontrer et d’échanger sur leurs expériences et les défis auxquels ils font face au quotidien. Au terme de l’assemblée générale, les membres se prononceront sur les orientations pour les deux prochaines années et éliront les membres du prochain Conseil d’administration.


Reportage Télé

Ci-dessous un reportage de Sel et Lumière TV réalisé à l’occasion de l’assemblée générale de la CRC et diffusée dans l’émission Perspectives.


Émission radio



1ère partie


2ème partie


Résumés quotidiens

Cliquez sur la journée de votre choix pour en lire le résumé

Jeudi 26 mai

C’est devant une assemblée d’environ 300 religieuses et religieux de tout le Canada que s’est ouverte la 31e assemblée générale de la CRC. Pour la première fois en 62 ans, la soirée d’ouverture a débuté avec une cérémonie de bienvenue en territoire autochtone conduite par Thomas Dearhouse, un ancien de la nation Mohawk. Thomas Dearhouse a poursuivi la cérémonie avec un rituel de purification pour libérer l’esprit de tout ce qui est négatif et amener chacun à être en paix.

La présidente de la CRC, soeur Rita Larivée, SSA, a par la suite ouvert officiellement l’Assemblée en faisant le lien avec son expérience auprès des autochtones. Elle a rappelé aux membres de la CRC présents l’importance de toujours travailler avec gratitude. Mgr Douglas Crosby, OMI, président de la CECC (Conférence des évêques catholiques du Canada), et Mgr Paul Lortie, président de l’AÉCQ (Assemblée des évêques catholiques du Québec) ont par la suite adressé quelques mots à l’assemblée.

Chacun d’eux a remercié avec insistance les communautés religieuses du Canada pour le travail qu’elles accomplissent chaque jour. Faisant le lien avec le thème de l’assemblée, Mgr Crosby a évoqué les défis auxquels les communautés religieuses font face dans une société moins ouverte à l’annonce de l’évangile. Mais « l’espérance ne déçoit pas » (Rm 5:5) a-t-il rappelé. « Elle est une force qui nous fait avancer, une force nécessaire pour surmonter les difficultés de notre engagement. » Il a mentionné les paroles du pape François qui invite chacun et chacune à se tourner vers l’avenir avec cette même force.

Dans la même perspective, Mgr Lortie a souligné l’importance fondamentale de la fidélité à porter l’église par la prière, et invité les membres à refuser d’être marginalisés ou mis sous silence. Bien au contraire, il demande à chaque consacré d’être lumière du monde, et témoin de l’espérance avec respect et douceur. Tout comme Jésus invite les apôtres à jeter leur filet après toute une nuit sans prises (Luc 5:4), Mgr Lortie a encouragé les membres à agir comme les apôtres et jeter leurs filets au large même s’ils ont l’impression e ne pas être écoutés.

Suite à ces interventions, soeur Rita Larivée a présenté la première partie de son rapport à l’assemblée effectuant un retour sur les principales actions de la CRC mises en place durant les deux dernières années.

Quelques photos de cette première journée

Vendredi 27 mai

Au lendemain de l’ouverture de l’assemblée, la première partie de la journée a été orientée autour de témoignages de leaders, de défis auxquels ils ont été confrontés et des questionnements qu’ils ont éprouvés.

Veronica O’Reilly des Sœurs de Saint-Joseph (Congregation of the Sisters of St. Joseph in Canada) a partagé quelques-uns des moments difficiles qu’elle a vécus en tant que leader. Ne pas savoir quoi répondre aux interrogations de sa communauté, se sentir impuissante dans son rôle, avoir l’impression de ne pas être à la hauteur. Mais c’est dans ces difficultés de l’inconnu qu’elle a gardé confiance en Dieu pour l’aider à guider la communauté et à marcher avec ses sœurs. Elle souligne l’importance d’être à l’écoute et d’aimer. Elle a beaucoup appris de la bonté des sœurs et de leur engagement qui lui a permis de se tenir « les bras levés ». Ces épreuves lui ont permis de vivre le mystère pascal et le mystère du Christ ressuscité avec discernement et courage.

Jean-Marc Biron, provincial jésuite, a par la suite raconté son expérience en lien avec un réseau de 17 écoles « foi et joie » pour les enfants pauvres à Haïti. Inquiet de ne pas trouver de remplaçant au responsable de ce réseau, le père Biron a lancé un appel de détresse auprès de ses pairs en Amérique latine, sans succès. Contre toute attente, un assistant du Père général, Marco Recolons, présent à la rencontre, a ressenti un profond appel et s’est proposé pour ce rôle. Mais le père Recolons avait lui aussi besoin de partenaires solides pour mener à bien sa mission. La providence le conduira à trouver ce soutien dans les Compagnes de Marie (anciennement la Compagnie de Marie-Notre-Dame), une communauté ayant déjà œuvré au XVIIIe siècle à l’éducation de la jeunesse à Haïti. Le père Biron rappelle ainsi que c’est de nos faiblesses que peut jaillir le feu de l’action, et que Jésus est toujours à l’œuvre à travers la mission, en référence aux disciples d’Emmaüs.

À la suite des témoignages, un tour de table a été proposé pour faire poser des questions de défis pour leaders, questions auxquelles répondra Simon Pierre Arnold samedi matin. Parmi les problématiques émises, on peut relever l’intercollaboration entre les laïques et les congrégations religieuses, l’intergénérationnel, l’interculturel, le vieillissement des membres ou le leadership aujourd’hui et demain. Les membres de l’assemblée ont également partagé certains constats que leurs discussions ont fait ressortir. Ils ont interpellé leurs semblables, entre autres, sur l’écologie pour qu’elle fasse partie de la mission commune; sur l’inclusion des femmes dans l’église; sur l’héritage que les religieuses peuvent laisser dans la nouvelle vision de l’église; sur le discernement des futures vocations dans un esprit ouvert, tourné vers l’avenir.

Au retour de la pause déjeuner, les membres ont élu à l’unanimité un nouveau conseil d’administration avec à sa présidence Soeur Michelle Payette des Missionnaires de l’Immaculée-Conception. D’autres informations sur le nouveau conseil seront communiquées dans les prochains jours.

Faisant suite à cette heureuse annonce, l’assemblée générale a repris son cours avec la conférence attendue du père Simon Pierre Arnold, OSB. Pour développer la thématique de l’assemblée, le père Arnold a articulé sa présentation en 5 étapes:

  1. Rétrospective historique de la Vie religieuse au Canada
  2. Lecture subjective du présent
  3. Sortir de la Chrétienté : un défi et une opportunité
  4. Vers une Vie religieuse « recrée »
  5. Une nouvelle mission « ad gentes »

Nous vous proposons de lire en intégralité le texte de la conférence du père Arnold en cliquant ici. Toute reproduction ou publication de ce texte conférence requiert la permission de la CRC : communications@crc-canada.org.

Suite à la conférence, les membres ont été invités à échanger entre eux sur l’exposé du père Arnold et d’éventuels points qu’il pourrait approfondir. D’autre part, deux questions ont été préparées à leur attention afin d’enrichir l’échange de samedi matin entre le père Arnold et les membres.

L’assemblée générale de la CRC est aussi l’occasion de recevoir le nonce apostolique en poste au Canada. Mgr Luigi Bonnazi a donc pris la parole pour adresser un message de remerciement et d’espérance citant le pape François à plusieurs reprises.

La journée s’est clôturée avec une présentation en avant-première du dernier livre de Simon Pierre Arnold intitulé « Dieu derrière la porte » suivie d’une séance de dédicace. Le lancement officiel du livre aura lieu le lundi 30 mai à 19 h 30 à la librairie Paulines (Montréal).

Quelques photos de cette deuxième journée

Pour consulter plus de photos, visitez la page Facebook de la CRC en cliquant ici.

Samedi 28 mai

L’ouverture de la troisième journée d’Assemblée générale a débuté avec une prise de parole de sœur Rita Larivée, SSA, présidente sortante de la CRC. Sœur Larivée est intervenue sur deux textes ratifiés récemment par le Conseil d’administration de la CRC.

La première résolution est une réponse catholique à l’Appel à l’action 48 de la Commission de Vérité et Réconciliation. Ce document a été signé au nom du conseil d’administration et du personnel de la CRC en solidarité avec Développement et Paix et avec la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC). Sœur Larivée invite les membres à étudier plus attentivement la section intitulée « Aller de l’avant ensemble » et à réfléchir à la façon dont les communautés peuvent assumer les engagements de la réponse dans leurs communautés. «Nous partageons le désir commun de relations renouvelées avec les Premières Nations du Canada pour aller de l’avant ensemble», a-t-elle déclaré devant l’assemblée. Cliquez ici pour lire la réponse catholique à l’Appel à l’action 48.

La seconde résolution concerne l’Engagement de saint François. Cet engagement porte sur la prière, l’action et le travail de plaidoyer pour résoudre le problème du changement climatique. Rédigé aux États-Unis, ce texte a été adopté par différents groupes, dont la LCWR (Leadership Conference of Women Religious) et la CMSM (Conference of Major Superiors of Men). Le Conseil d’administration l’a entériné pour orienter ses propres pratiques et les façons de faire à notre bureau de Montréal. Cliquez ici pour lire l’Engagement de saint François. Cette résolution est présentée à l’Assemblée générale afin que les membres puissent envisager de l’adopter dans leurs propres communautés.

La Commission théologie de la CRC a poursuivi en présentant à l’Assemblée une synthèse des discussions aux tables de la veille sur les défis des communautés. La commission a regroupé ces différentes interrogations en 10 points. Cliquez ici pour télécharger la synthèse.

Le père Simon Pierre Arnold a par la suite été invité à prendre la parole. Dans sa deuxième intervention, il a répondu aux questions et problématiques qui lui ont été soumises la veille après sa conférence. Il a divisé sa présentation en 4 points :

  1. Précisions préalables;
  2. La vie religieuse au creux des tensions du royaume;
  3. Évangelisation et décolonisation mentale;
  4. Vers une vie religieuse recrée.

Dans ses précisions préalables, le père Arnold débute en citant Madame de Sévigné: « Je suis loin d’être de mon avis». Il indique que Jésus dans l’évangile répond à une question par une autre question plus profonde et radicale. Le «je ne sais pas» de Jésus dans l’évangile nous rends responsables. L’évangile ne résout pas les problèmes, mais les déplace. «Nous avons tendance», dit-il, «à nous focaliser sur le -pas encore- et non sur le -déjà là-». Il explique, «on a coutume de parler du Royaume à partir de la dialectique entre le « déjà » et le « pas encore », un défi présent et à la fois inachevé.» La foi, c’est reconnaître que le Royaume de Dieu est déjà là.

Arnold utilise trois mots pour expliquer sa pensée sur la vie religieuse au creux des tensions du Royaume: -déjà-, -plus jamais-, -pas encore-. Nous sommes invités à accepter d’être une utopie à vivre et qui n’est pas encore là. «Le Royaume ce sont de nouvelles relations recréées chaque jour à tous les niveaux de la vie et de la société à partir de la fragilité et de la différence. C’est le  mystère trinitaire! Un Dieu ouvert, relation, inachevé, et pauvre. Il ne peut être Dieu que dans la relation des différences. Dieu est différence. Dieu est pauvre et fragile parce qu’il est don, il se donne totalement. Les voeux religieux ont besoin d’être pensés dans la perspective de rebâtir des relations brisées à partir de nos différences.»

Si l’évangélisation doit créer des réseaux de communautés où les relations sont recréés, nous avons alors besoin de revenir au temps de la première évangélisation. La vie religieuse a commencé à Alexandrie, 300 ans après Constantin, quand un groupe de riches laïques a refusé que l’église ne devienne le bras droit de l’empire. Ce n’est pas le chemin du chrétien. Ils ont tout laissé et pour vivre dans le désert.

«Si le célibat de Jésus est une dénonciation du patriarcat et renonciation à son privilège patriarcal», affirme Arnold, «le silence est don de la parole à qui ne l’a pas (femmes et enfants), désormais/jamais plus. Il inaugure une autre société.» Une vie religieuse recrée consiste à être et à vivre dans les marges. Quelles sont ces marges aujourd’hui?

En ce qui a trait à l’avenir,  il importe de vivre et de ne pas seulement survivre. «Qui a dit», commente-t-il, «que les congrégations religieuses doivent être éternelles? Seul Dieu est éternel.» Ce qui est important, c’est de «transmettre comment les fondateurs et fondatrices ont vécu. La passion du Royaume jusqu’au martyre». Savoir transmettre aux futures générations l’essence du charisme de nos congrégations pour qu’elles puissent continuer à créer des communautés qui soient des laboratoires de relations renouvlées des différences. Le père Arnold met l’accent sur l’importance de créer des espaces quasi informels de dialogue et de recherche de Dieu.

Dans l’après-midi, les participants ont réfléchi et échangé sur deux questions. Tout d’abord identifier ce qui, durant les dernières 48 heures, les a nourris et mis au défi dans leurs ministères de leader. Puis, déterminer le mandat qu’ils souhaitent donner au Conseil d’administration.

Un résumé des réponses à ces questions sera présenté et discuté lors de la rencontre d’affaires en assemblée le dimanche 29 mai matin.

Une célébration eucharistique présidée par le Cardinal Gérald Lacroix, Archevêque du diocèse de Québec et Primat du Canada, a suivi les tours de table. Un banquet suivi d’un spectacle humoristique de Nathalie Choquette, cantatrice soprano, a cloturé cette troisième journée. Pour télécharger l’homélie du cardinal Lacroix, cliquez ici.

Quelques photos de la 3e journée

 

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Dimanche 29 mai

Pour la dernière journée de la 31e Assemblée générale de la CRC, la présidente sortante sœur Rita Larivée, SSA, et le père Timothy Scott, CSB, ont présenté leurs rapports respectifs.

Sœur Larivée a prononcé quelques mots sur les derniers points de son rapport :

  1. La Commission théologique, son rôle dans l’approfondissement du sens de la vie consacrée et sa contribution au Bulletin de la CRC.
  2. Le développement des relations avec des partenaires extérieurs répondant à des besoins de religieuses et religieux (ex. : KAIROS -coalition des églises canadiennes- ou Développement et paix).
  3. La nécessité de collaborer davantage avec les autres conférences religieuses.
  4. Le développement de bonnes relations avec les évêques canadiens et le Saint-Siège.
  5. La visite au Vatican pour faire rapport du travail accompli par les communautés religieuses au Canada et dresser un portrait de situation des congrégations.

Cliquez ici pour lire le rapport de la présidente.

Sur le même principe, le père Scott est revenu sur les différents dossiers dans lesquels l’équipe permanente de la CRC et les membres ont été impliqués. Ces points étant nombreux, nous ne citerons que certains d’entre eux : les activités liées à l’année de la vie consacrée, la crise des réfugiés syriens et afghans, l’interculturalité dans les communautés religieuses canadiennes, le réseau JPIC, la réconciliation avec les peuples autochtones, ou la justice sociale. Le père Scott a ensuite parlé des différents services offerts par la CRC et des projets envisagés en communications, dans les dossiers JPIC en région et le Service de priorités dans les dons. Le rapport du directeur est disponible. Cliquez ici pour le lire. Par la suite, une présentation des états financiers a été faite aux membres présents.

La nouvelle présidente de la CRC, Sœur Michelle Payette, MIC, a souhaité adresser quelques mots à l’assemblée. « Je veux remercier Sœur Rita Larivée, père Timothy Scott et les membres du conseil sortant de leur confiance. Comme pour sœur Rita, je n’ai jamais siégé au Conseil d’administration de la CRC. Ce sera donc également pour moi mon baptême de feu… » Elle ajoute : « Le thème du congrès me stimule à relever le défi de la présidence du CA de la CRC. […] C’est donc ensemble, humblement, que nous avançons pour qu’au cœur des défis, nous puissions discerner l’espérance. »

Les discussions qui ont suivi ont tourné autour des états financiers de la CRC et des recommandations émises par les membres à destination du nouveau conseil d’administration. Ce dernier a tenu une réunion après la clôture de l’assemblée générale afin de décider des orientations de la CRC pour les deux prochaines années.

Quelques photos de la 4e journée

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