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Bagages (film documentaire)

Synopsis

Bagages est un film qui donne la parole et la scène à des adolescents de l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont nouvellement arrivés à Montréal. On découvre leur récit de migration et d’intégration à travers des ateliers d’art dramatique, des mises en scènes théâtrales et des entrevues où ils se révèlent à nous. Ils témoignent d’un « ailleurs » et d’un « avant » qui deviendront « ici » et « maintenant ». Ils sont jeunes, mais parlent de leur parcours avec une sagesse déconcertante, une émotion à faire trembler les plus durs et une authenticité désarmante.

« On parle beaucoup d’immigration et on en parle souvent comme s’il s’agissait d’une chose abstraite, parfois avec des statistiques froides, et sans émotions, alors que la réalité des immigrants, c’est tout le contraire. (…) Vraiment un documentaire choc! »

Alain Crevier, Second regard (Ici Radio-Canada Première)

Il est possible de présenter le film en classe ou d’organiser une projection en se procurant le DVD institutionnel. Plus récemment, les Sœurs de Sainte-Croix ont visionné ce reportage dans le cadre de leur chapitre général de juillet 2018.

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La page Facebook du film permet de suivre l’aventure du film, et d’échanger avec l’équipe : https://www.facebook.com/Bagages.film/

Genèse du projet

C’est à l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie-d’Outremont (PGLO) que Mélissa Lefebvre, enseignante en art dramatique, fait la rencontre d’élèves de classes d’accueil. Rapidement touchée par leurs histoires, leur résilience et leur humanité, elle a envie de leur donner une voix et de faire en sorte que celle-ci soit entendue.

Ce désir de les amener à prendre leur place se concrétise par une pièce de théâtre, où les élèves racontent leur parcours migratoire. Une création théâtrale, pensée, écrite et présentée par tous les élèves des classes d’accueil de PGLO (environ 95 élèves chaque année). La première mouture de Bagages était née. Bagages II voit le jour en 2014-2015, année où le projet se retrouve lauréat du prix national ESSOR du Ministère de la Culture et des Communications du Québec.

Mme Christine Touzin, conseillère pédagogique pour la Commission scolaire Marguerite- Bourgeoys (CSMB), enchantée par le projet et émue par la présentation théâtrale de Bagages II décide de convaincre la Commission scolaire et le Ministère de l’Éducation d’investir dans une troisième édition qui prendra la forme d’un film. Mélissa Lefebvre, elle, souhaite que les mots et vécus de ses élèves résonnent bien au-delà des murs du théâtre. Selon elle, cette prise de parole venant des élèves eux-mêmes doit circuler à travers le Québec pour nous permettre de comprendre en profondeur et dépasser les préjugés sur la réalité de l’immigration.

« L’intention générale était d’abord de créer un sentiment d’appartenance pour ces élèves nouvellement arrivés au Québec. Nous voulions leur donner une chance de raconter leur histoire et par le fait même, celle de 50 000 immigrants chaque année au Québec. »

– Mélissa Lefebvre

La Direction des services en accueil et en éducation interculturelle (DSAEI), le programme « Une école accueille un artiste », le Centre Turbine et le programme « Culture à l’école » du Ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur (MEES) et du Ministère de la culture et des communications (MCC) permettent de concrétiser le projet.

Mais comment adapter une création théâtrale en un objet cinématographique? C’est à ce moment que le réalisateur Paul Tom va entrer dans la valse de création avec Mélissa. Ensemble, ils décident d’être fidèles à la pièce tant au niveau du processus de création que du résultat final. Une valse entre ateliers dirigés, entrevues individuelles et moments sur scène, nous permettent d’entrer sans tabou au coeur de la complexité migratoire vécue par ces adolescents.

Le projet remporte le prix Forces avenir 2015-16 dans la catégorie « Projet engagé ».

Mot du réalisateur

Je suis né de parents cambodgiens dans un camp de réfugiés en Thaïlande et je suis arrivé à Montréal à l’âge d’un an. Que ce soit par la fiction, le documentaire ou l’animation, j’ai toujours voulu mettre en lumière mes questionnements identitaires et mes histoires familiales. En mettant en scène ma propre histoire – de façon fictive ou réelle – j’étais toujours pris avec un certain inconfort, mais il s’agissait de la matière que je connaissais le mieux pour créer quelque chose de sincère et d’authentique. Chacun de mes projets a été une occasion de briser le silence pour entrer dans un espace commun, de créer des points d’intersections entre des univers parallèles, de prendre conscience de mes identités plurielles et de faire la paix avec mes histoires.

Depuis quelques temps, j’avais le désir de tourner la caméra à l’extérieur de moi, vers l’autre. Je voulais poursuivre ma réflexion sur le dialogue intergénérationnel et interculturel, mais sans mettre en scène ma propre histoire. Bagages et Mélissa Lefebvre sont arrivés dans ma vie, comme une réponse naturelle qu’on espérait depuis longtemps.

Bagages existait déjà sous une forme théâtrale. Mélissa avait monté le projet monumental de mettre ces jeunes sur scène, de leur permettre de prendre parole, de raconter leurs histoires de déracinement, de deuils, d’adaptation, et, par extension, de prendre racine devant témoins, d’utiliser la scène comme ancrage pour dire : « Oui, j’existe et je suis ici avec vous maintenant. »
Devant un matériel si riche et authentique, j’étais béni des dieux. Tout ce que j’avais à faire, c’était de tourner la caméra vers ces jeunes et Mélissa. Durant ces huit mois, la salle de classe d’art dramatique est devenue un endroit où je me sentais aussi bien que les jeunes. Un refu- ge où on pouvait parler, s’affirmer, laisser nos voix se faire écho et résonner entre elles. J’ai entendu une myriade de phrases percutantes, d’histoires chargées et de réflexions lumineuses. J’ai appris le sens des mots : courage et volonté. J’ai vu l’humanité dans le regard et les gestes des enseignants, plus particulièrement dans ceux de Mélissa, cette héroïne au coeur et au talent immense.

J’ai aussi constaté en filigrane tout l’amour des parents de ces élèves d’accueil, le même que mes parents ont eu quand, eux aussi, ils ont traversé des océans pour me donner la chance d’être ici.
Durant huit mois, j’ai eu de grandes bouffées d’inspiration, d’immenses moments de joie, d’innombrables éclats de rires, de précieux instants de fragilité. Bagages est une bouleversante aventure faite de vertige, d’abandon et de résilience.

J’espère que ce film sera à la hauteur des élèves, dans toute leur authenticité et leur force tranquille.

– Paul Tom, cinéaste

Prix & festivals

2018 33es prix Gémeaux — En nomination pour
_Meilleure émission ou série documentaire : arts et culture
_Meilleure réalisation documentaire : biographie ou portrait, arts et culture, nature, sciences et environnement – émission
_Meilleur scénario : documentaire – émission
2018 Festival Vues sur mer — « Grand prix », « Prix du public »
2018 Impératif français — « Prix d’excellence Lyse-Daniels 2017-2018 »
2017 Rencontres internationales du documentaire de Montréal — « Prix du jury des détenues »
2017 Festival du cinéma international d’Abitibi-Témiscamingue — « Prix Télébec »
2017 Festival de cinéma de la ville de Québec — « Prix du public – Long métrage canadien »

Crédits

Idée originale, texte et mise en scène : MÉLISSA LEFEBVRE
Scénarisation : PAUL TOM & MÉLISSA LEFEBVRE
Réalisation : PAUL TOM
Production : KARINE DUBOIS
Direction photo : PAUL TOM
Musique originale : VINCENT LEFEBVRE
Montage image : ALAIN LOISELLE & PAUL TOM

Fiche technique

Pays : Canada
Genre : Documentaire
Durée : 52 min.
Format : HD
Ratio : 16:9
Son : Stéréo
Année : 2017
Version originale : Française
Diffusion : Télé-Québec