Déclarations & Lettres
La Conférence religieuse canadienne s'oppose au projet de pipeline Northern Gateway
Le 20 janvier 2012 : Lettre au Ministre des Ressources naturelles
Honorable Joe Oliver
Ministre des Ressources naturelles
Chambre des Communes
Ottawa, ON
K1A 0A6
Monsieur le ministre,
Au nom de la Conférence religieuse canadienne, je vous écris pour exprimer mon opposition au projet de pipeline Northern Gateway et à l’expansion de l’exploitation des sables bitumineux.
Ce pipeline censé acheminer le pétrole lourd de l’Alberta jusqu’aux côtes Britanno-Colombiennes est conçu pour charger jusqu’à 200 superpétroliers qui navigueraient sur des eaux agitées et des passages étroits en plein cœur de la Forêt pluviale du grand Ours, une forêt de renommée mondiale et un modèle de conservation que le gouvernement fédéral a soutenu auparavant.
Parce que la CRC se soucie de l’avenir des communautés canadiennes, de leur environnement et de la réputation du Canada à l’international, je crois que ce projet nous mène dans la mauvaise direction. Un plus large développement de l’exploitation des sables bitumineux ne fera qu’alimenter la crise climatique en raison de l’augmentation constante de ses émissions de GES. Et le risque de fuite de pétrole inévitable que ce projet de pipeline induit pour les Premières nations et l’environnement est simplement trop important quand le Canada et le monde ont d’autres solutions pour combler les besoins en énergie.
Notre opposition à ce projet n’est pas isolée. Les premières nations de C.-B., une majorité de Brittano-Colombiens et d’autres communautés, organisations et entreprises s’opposent également à ce que le pétrole lourd de l’Alberta soit transporté jusqu’aux côtes britanno-colombiennes.
À la lumière de la dévastation engendrée par la marée noire du golfe du Mexique en 2010 et par la catastrophe de l’Exxon Valdez en Alaska 20 ans plus tôt, la Conférence religieuse canadienne, qui représente 19, 000 religieuses et religieux au Canada, souhaite ardemment que son gouvernement respecte les souhaits de sa population en stoppant le projet de pipeline « Northern Gateway ».
Cordialement,
Mary Finlayson, RSCJ
Présidente
Dans la mouvance de l'Esprit...agissons - Suivi au rassemblement national Justice-Paix-Création
« Nous nous trouvons à un moment déterminant de l’histoire de la Terre où l’humanité doit décider de son avenir » - Charte de la Terre
Du 5 au 7 octobre 2011, plus de 200 membres des communautés religieuses de tout le Canada ainsi que des personnes qui leur sont associées se sont rassemblés à Montréal pour réfléchir ensemble sur l’état actuel de la planète et la situation engendrés par nos choix économiques et politiques. Le thème de la rencontre était : « Dans la mouvance de l’Esprit… recréons la beauté et la bonté du monde ». Ce fut l’occasion de prendre acte des défis posés à l’humanité et d’établir les conditions qui permettent d’activer, avec une certaine urgence, un niveau de réaction à la hauteur de ces défis.
Les conférenciers invités étaient Mary Evelyn Tucker, co-directrice du Forum on Religion and Ecology à l’Université Yale et Michel Venne, directeur général et fondateur de l’Institut du Nouveau-Monde à Montréal.
Les participants au rassemblement ont pris acte de la mondialisation des sociétés, des cultures, des religions et de la politique, accompagnée d’une mondialisation économique agressive responsable d’une grave dégradation de l’environnement et d’un accroissement dramatique des inégalités. L’ampleur des défis a été mesurée ainsi que le retard à leur faire face, des défis au niveau environnemental, au niveau de la justice sociale, au niveau politique ainsi qu’au niveau spirituel.
Les tables de discussion ont identifié des défis particuliers pour chacun de ces niveaux. Et au niveau spirituel, les participants et participantes ont pris un engagement particulier :
« Dans nos choix individuels et collectifs, nous nous engageons à pratiquer et à promouvoir une spiritualité qui suscite la mobilisation citoyenne à la mesure de l’ampleur des défis à relever, spiritualité qui éveille à une espérance authentique en un avenir collectif ».
À la fin de la rencontre, chaque personne a signé la déclaration suivante :
Nous entendons le cri de la Terre et celui des pauvres
Nous croyons que le soutien de la vie sur Terre et l’avènement de la justice relèvent d’un impératif spirituel.
Les peuples de la Terre et les autres espèces ont le droit de vivre sans être menacés par la convoitise et les gestes destructeurs des humains.
La pollution, en particulier celle qui résulte de la consommation intensive d'énergie par les riches pays industrialisés, réchauffe l'atmosphère, entraîne des changements climatiques majeurs et réduit dangereusement la biodiversité. Ce sont les plus vulnérables, les plus pauvres du monde et les générations futures qui en paieront le prix.
Nous nous engageons à faire notre part pour réduire la menace environnementale et pour lutter contre la pauvreté par des mesures dans nos propres vies, par des pressions sur les gouvernements et les industries et par notre solidarité avec les personnes les plus affectées.
Nous prions pour obtenir le soutien spirituel nécessaire afin de répondre au cri de la Terre et des humains.
Adaptation de :
Déclaration spirituelle sur les changements climatiques
Conférence des Nations Unies sur le Climat
Montréal, le 4 décembre 2005
Mourir dans la dignité : la CRC appuie le Mémoire de l'AÉCQ
La CRC est convaincue que pour une personne, la meilleure façon de mourir dans la dignité est de bénéficier d’un accompagnement compatissant et de soins palliatifs efficaces. C'est pourquoi elle appuie le Mémoire présenté par l'Assemblée des Évêques catholiques du Québec (AÉCQ) le 30 septembre 2010.
La Conférence Religieuse Canadienne (CRC) souscrit totalement au Mémoire présenté le 30 septembre, à Québec, par l’Assemblée des évêques catholiques du Québec à la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité.
À plusieurs endroits au pays, se sont des congrégations religieuses qui ont initié les soins palliatifs et aujourd’hui encore, elles y participent de diverses façons surtout par le service d’accompagnement. Avec nos Évêques, nous sommes donc convaincus que pour une personne, la meilleure façon de mourir dans la dignité est de bénéficier d’un accompagnement compatissant et de soins palliatifs efficaces.
La Commission doit bien analyser le message qui sera envoyé à la société, et surtout aux plus fragilisés, par la décision qui sera prise. À la suite de nos Évêques, la CRC invite donc fortement la Commission à « bien mesurer les conséquences advenant l’éventuelle acceptation de l’euthanasie ou de l’aide au suicide. »
La CRC représente plus de 19,000 religieuses et religieux au Canada dont 14,200 au Québec.
Voir la lettre de la présidente de la CRC adressée au Président de la Commission : Ouvrir ce document PDF.
La CRC fait des recommandations en vue de la mise en place d'un plan national de lutte contre la traite humaine
Montréal, le 22 février 2011 - Dans une lettre adressée au Premier ministre Stephen Harper, la CRC souligne l'importance de la mise en place d'un plan d'action national contre la traite des personnes. L'accent doit être mis sur la prévention, la protection et le partenariat. Selon la CRC, le Canada doit favoriser un réel partenariat entre les provinces et les régions, entre les différents acteurs à tous les niveaux d’intervention et particulièrement avec les organismes communautaires qui sont en contact direct avec les victimes et qui organisent avec elles des services de soutien et des voies de sortie vers une vie meilleure. Au Canada, une action spécifique devrait supporter les groupes de femmes autochtones qui travaillent en ce sens dans leurs propres communautés. Enfin, nous pensons que le gouvernement du Canada doit inclure dans son projet la traite des personnes pour le travail forcé.
Pour prendre connaissance de la lettre, ouvrir ce document PDF.
La protection des femmes et des filles en Haïti, une priorité
Montréal, le 29 mars 2010 -- Dans une lettre adressée au ministre Lawrence Cannon, la Conférence religieuse canadienne lui demande de faire tout en son pouvoir afin d’assurer la protection des femmes et des filles en Haïti.
Montréal, le lundi 29 mars 2010
L’Honorable Lawrence Cannon
Ministre des Affaires étrangères
Chambre des Communes
Ottawa, ON
K1A 0A6
Monsieur le Ministre,
Dans le contexte de crise que vit actuellement Haïti, je tiens à vous faire part, au nom de la Conférence religieuse canadienne dont plusieurs des communautés membres ont de leurs sœurs ou de leurs frères en Haïti, de ma plus vive inquiétude concernant la sécurité des femmes et des jeunes filles. Compte tenu du niveau de violence sexuelle élevé qui affectait déjà ces dernières avant le tremblement de terre, elles se trouvent plus que jamais en situation de danger.
C’est pourquoi les droits humains, incluant ceux des femmes et des filles, doivent être au cœur des efforts de secours et de reconstruction. Ces derniers doivent impérativement assurer la protection des femmes et des filles et apporter une aide appropriée aux victimes de violence sexuelle.
Je vous exhorte donc, Monsieur le Ministre à faire tout ce que vous pouvez afin d’assurer que la protection des femmes et des filles constitue une priorité dans tous les plans de soutien et de reconstruction d’Haïti. À cette fin, les organisations de défense des droits des femmes en Haïti devraient être impliquées activement dans la détermination et la mise en œuvre de ces plans.
Je vous demande également que le Canada soutienne activement les organisations locales ou toute autre initiative soutenant les victimes de violence sexuelle.
Yvon Pomerleau, OP
Président de la CRC
